• Le site d'information en matière de vaccination
  • Pensez à vous faire vacciner tout au long de votre vie

Peut-on assurer que le programme de vaccination proposé en Belgique est valable et raisonnable ?

Le programme de vaccination recommandé en Belgique n'est pas décidé à la légère.
Les recommandations sont le fruit d'une analyse rigoureuse de la balance des avantages et des inconvénients de chacune des vaccinations concernées, ainsi que du rapport risque/bénéfice.
Sont recommandées les seules vaccinations qui font pencher la balance du bon côté : le gain individuel ou collectif est établi.

Par ailleurs, aucune décision n'est définitive. Les recommandations sont réévaluées régulièrement en fonction des données recueillies (épidémiologie des maladies, complications éventuelles d'un vaccin, ...) par les systèmes de surveillance.

Des études à grande échelle et à long terme sont nécessaires pour évaluer les effets d'une campagne de vaccination. Pour ce faire, on se base sur des systèmes de pharmacovigilance à large échelle pour réévaluer régulièrement la balance avantages/inconvénients de chacun des vaccins. Les systèmes de pharmacovigilance, qui s'appliquent à des populations de quelques centaines de milliers de personnes – voire des millions-, permettent notamment de détecter des problèmes très rares qui ne seraient pas apparus lors des essais cliniques à plus petite échelle.

Aux Etats-Unis, par exemple, le système fonctionne bien. Ainsi, un vaccin a été introduit il y a une vingtaine années pour lutter contre le rotavirus. Ce virus est la cause première des diarrhées graves chez les bébés et entraîne un coût élevé en matière de soins de santé (aux Etats-Unis, on hospitalise souvent les enfants atteints de fortes diarrhées pour les placer sous perfusion). Mais, grâce à un système de pharmacovigilance efficace, on a pu observer une augmentation de cas d'intussusception intestinale (pénétration d'une partie de l'intestin dans la partie qui lui fait suite) chez les enfants vaccinés. Les cas étaient tellement rares que seul un système de pharmacovigilance à très large échelle pouvait les détecter. La commercialisation de ce vaccin anti-rotavirus a dès lors été immédiatement stoppée.

Il est important de noter que les nouveaux vaccins contre le rotavirus utilisés depuis 2007 dans notre pays ont été surveillés attentivement, suite à cet antécédent! Les études les plus récentes montrent un risque minime mais réel d'invagination suite à la vaccination par RotaTeq® ou Rotarix®. Ce risque est cependant très faible, de l'ordre de 1 à 5 par 100.000 nourrissons vaccinés. Etant donné ce faible risque et l'impact majeur que ces deux vaccins ont sur la réduction des hospitalisations, des visites aux Urgences et dans certaines circonstances, des décès associés aux infections à rotavirus, les experts considèrent que les bénéfices de la vaccination contre le rotavirus dépassent de loin les risques liés aux invaginations.

Chez nous, des systèmes de surveillance existent (médecins vigies, interventions en cas d'épidémie, labos pour la culture et le génotypage...). Par ailleurs, des systèmes européens ont été développés (EMEA et ECDC). 

Mis à jour le 2/03/2015

Référence: Fiche du Conseil Supérieur de la Santé 2013 "Vaccination contre le rotavirus".