La varicelle de A à Z

La varicelle est une maladie très contagieuse quasi inévitable durant l’enfance. Environ 50% des enfants contractent l’infection avant l’âge de 5 ans et 95% avant l’âge de 15 ans.

C’est une infection provoquée par le virus varicella-zoster (VZV) qui appartient au groupe des virus herpès.

La transmission

La transmission du virus de la varicelle se fait par l’intermédiaire de gouttelettes de salive provenant d’une personne infectée ou par contact avec le liquide provenant des vésicules caractéristiques de cette maladie. Une personne infectée par le virus de la varicelle est contagieuse un jour avant et jusqu’à une semaine après l’apparition de ces vésicules. C’est pourquoi un enfant vivant en collectivité (crèche ou école) et présentant des signes de varicelle doit être isolé des autres enfants jusqu’à la chute des croûtes pour éviter la transmission du virus.

La maladie

Durant les quinze premiers jours, le virus passe dans le sang et gagne le foie et la rate où il se multiplie (phase d’incubation, entre l’entrée du virus dans l’organisme et les premiers symptômes).

Annoncée par de la fièvre, la maladie se manifeste ensuite par une éruption de vésicules sur la peau (boutons surmontés d’une petite bulle), associée à des démangeaisons. Cette éruption disparaît spontanément en quelques jours (10 à 12 jours).

Mais le virus ne disparaît pas pour autant de l’organisme. Il quitte la peau en suivant le chemin des nerfs et gagne les ganglions de la moelle épinière où il demeure, à vie, à l’état silencieux. On parle de latence du virus (lire plus bas : le zona, une réactivation du virus).

L’immunité acquise après le premier contact avec le virus de la varicelle est définitive et protège contre toute nouvelle contamination par ce virus. En d’autres termes, on ne développe la varicelle qu’une seule fois.

Les complications

Le plus souvent bénigne chez l’enfant, la varicelle peut être à l’origine de complications graves, en particulier pulmonaires et neurologiques, chez les adultes et surtout chez les personnes âgées. Si l’on excepte les nourrissons, plus on avance en âge, plus la varicelle est rare mais plus elle est grave.

  • La surinfection est possible surtout en cas de grattage des lésions. Elle nécessite un traitement antibiotique pour limiter son extension cutanée (impétigo), voire générale (septicémie). A noter que les boutons grattés peuvent engendrer des cicatrices indélébiles. La surinfection cutanée est sans conteste la complication la plus fréquente chez l’enfant.

  • L’encéphalite (atteinte directe du cerveau par le virus) entraîne des troubles neurologiques (convulsions, troubles de la conscience). Rarement mortelles, ces complications neurologiques peuvent cependant laisser des séquelles.

  • La pneumonie (inflammation du poumon) varicelleuse peut s’observer dans un tiers des cas chez le nouveau-né et l’adulte, mais est inhabituelle chez l’enfant. Sans un traitement rapide, l’évolution peut être fatale.

Des formes très graves de varicelle avec atteinte de plusieurs organes peuvent se rencontrer chez les sujets immunodéprimés (sida, cancer, maladies immunitaires, chimiothérapie ou immunosuppresseurs).

Chez la femme enceinte, la contamination au cours des premiers mois de grossesse peut provoquer des anomalies embryonnaires. La contamination de la mère aux alentours de la naissance (entre 5 jours avant et 2 jours après l’accouchement) est à l’origine de la varicelle du nouveau-né pouvant être à l’origine de formes graves de l’infection avec atteinte pulmonaire.

Chez les sujets par ailleurs en bonne santé, la varicelle est responsable d’une hospitalisation dans 0,3% des cas et d’un à deux décès par 100.000 cas.

Le zona, une réactivation du virus

Chez les personnes au système de défense immunitaire affaibli (vieillissement, infection virale – par le VIH particulièrement, traitement immunosuppresseur, …), le virus latent de la varicelle peut se réactiver et redevenir virulent. Il migre alors à nouveau le long des nerfs jusqu’à la peau pour déclencher une nouvelle éruption, localisée cette fois (thorax, œil, …) et accompagnée de douleurs aiguës. C’est ce qu’on appelle un zona. Le liquide contenu dans les vésicules propres au zona est contagieux.

L’évolution du zona est en général bénigne avec une guérison après deux à six semaines, à l’exception des zonas qui surviennent chez les sujets très âgés, ceux qui touchent le nerf oculaire (zona ophtalmique) ou ceux qui se généralisent chez une personne dont l’immunodépression est majeure (cancer, sida).

Le risque de développer un zona est de l’ordre de 15 à 20% sur une vie.

Les vaccins

Deux vaccins sont aujourd’hui disponibles en Belgique : Varilvix® (GlaxoSmithKline - coût 50,09 euros) disponible depuis 1987 et Provarivax® (Sanofi Pasteur MSD - coût 52,52 euros) qui vient tout juste d’être mis sur le marché.

Tous deux constitués de virus vivants atténués, ils sont bien tolérés et confèrent une protection voisine de 70% contre les formes légères de varicelle (< 50 lésions) et de plus de 95% contre les formes modérées à sévères de varicelle. Seules des réactions locales et un peu de fièvre peuvent apparaître chez 10 à 20% des sujets vaccinés. Il est encore difficile d’évaluer l’efficacité de la protection à long terme donnée par ces deux vaccins.

A l’heure actuelle en Belgique, il n’existe pas de recommandation officielle de santé publique concernant la vaccination contre la varicelle. Les vaccins existants sont surtout indiqués chez les personnes qui pourraient développer une infection grave s’ils contractent la varicelle, c’est-à-dire les personnes dont le système immunitaire est affaibli par une maladie (leucémie, cancer, …) ou suite à un traitement médical (corticoïdes, immunosuppresseurs, …). Vacciner contre la varicelle est un choix posé individuellement par le médecin.

Myriam Marchand
3/11/2004

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