Rage

La Belgique n’a plus connu de transmission de la rage à un humain depuis 2001 mais la rage reste présente dans plus de 100 pays. Chaque année, elle est responsable de 55.000 décès, essentiellement en Asie du Sud-Est et en Afrique.

La rage c'est quoi ?

La rage est une maladie qui provoque une inflammation du cerveau. Cette inflammation est potentiellement mortelle.

Qu’est-ce qui cause la maladie ?

La rage est due à un virus, le rhabdovirus.

Comment attrape-t-on la maladie ?

La rage est véhiculée par certains animaux sauvages et domestiques, essentiellement des espèces carnivores et des chauves-souris. Le virus est présent dans la salive des animaux infectés. Ceux-ci transmettent la maladie à l’homme par morsure ou griffure, mais aussi par léchage ou contact avec une plaie. La manipulation d’animaux morts est également dangereuse et peut conduire à une transmission de la maladie.

En Europe occidentale, grâce à la vaccination et au contrôle d’importation de chiens, les vecteurs les plus importants du virus sont le renard et la chauve-souris. Dans le monde, les morsures de chiens domestiques, ayant eux-mêmes été infectés, sont à l’origine de 99% des décès humains imputables à la rage.

Une personne infectée n’est pas contagieuse car la maladie ne se transmet pas de personne à personne. La rage se transmet uniquement de l’animal à l’homme.

Les animaux sont en général contagieux de 3 à 7 jours avant l’apparition des symptômes et jusqu’à leur mort. Dans des cas exceptionnels, la période de contagiosité peut commencer jusque 13 jours avant l’apparition des symptômes.

Par précaution, en Belgique, le centre de référence de l’Institut Scientifique de Santé Publique (Sciensano) préconise donc une durée d’observation des animaux suspectés d’être atteints de rage qui tienne compte d’une période de contagiosité potentielle de 14 jours avant l’apparition des premiers symptômes.

Quel est le temps d’incubation de la maladie ?

Dans 25% des cas, la période d’incubation est de 1 à 3 mois, mais elle peut durer d’une semaine à plus d’un an. Dans 90% des cas, elle dure moins de 6 mois. La durée de cette période varie selon plusieurs facteurs, tels que :

  • la quantité de virus inoculée ;
  • la quantité de terminaisons nerveuses autour de la morsure ou griffure ;
  • la proximité de la morsure avec le système nerveux central (cou/tête).

Cette longue incubation permet la mise en place d’un traitement, permettant d’éviter l’arrivée des premiers symptômes et donc la guérison.

Quels sont les symptômes de la rage ?

Phase initiale

Les symptômes initiaux de la rage ne sont pas spécifiques. La maladie commence souvent par une légère fièvre, de la fatigue, des frissons, une perte d’appétit, des vomissements, des maux de tête, sensations de fourmillements autour de la plaie (même si la morsure est déjà guérie).

Phase aiguë

A mesure que le virus se propage dans le système nerveux central, des symptômes plus caractéristiques de la rage apparaissent. La phase aiguë se caractérise par l’apparition d’une encéphalite qui provoque paralysie ou hyperactivité et crampes, comportement agressif, raideur de la nuque, convulsions et spasmes. Ces symptômes mènent en quelques semaines au coma puis à la mort du malade.

La rage humaine, lorsqu’elle est symptomatique, est presque toujours mortelle.

Quelles sont les personnes les plus à risque d’attraper la rage ?

  • Les professionnels particulièrement exposés au contact avec des animaux infectés : vétérinaires, chasseurs, gardes forestiers, agronome,
  • Les personnes qui ont des contacts avec des chauves-souris, soit par hobby ou profession ainsi que les personnes travaillant pour la conservation et la protection de la nature,
  • Les personnes travaillant avec des centres de sauvegarde de la faune sauvage, des centres de recueil d’animaux blessés, des centres de revalidation (oiseaux blessés) et des associations d’aide aux chiens mourants et errants,
  • Les voyageurs qui se rendent dans des zones à risque, surtout dans des régions reculées, et/ou qui y pratiquent des activités comme le camping, le vélo, le jogging ou la spéléologie,
  • Les chasseurs taxidermistes,
  • Dans les pays où la rage est endémique, les enfants sont particulièrement exposés. Ils sont les plus susceptibles d’entrer en contact avec des animaux inconnus sans méfiance et de ne pas reporter ce contact aux adultes.

Existe-t-il un traitement contre la rage ?

Il n’existe pas de traitement contre la rage.

Après morsure par un animal infecté par la rage ou suspect de l’être, les trois mesures essentielles à prendre sont les suivantes :

  • Soigner convenablement la blessure le plus rapidement possible après la contamination ; cela réduit potentiellement le risque de rage. La suppression du virus de la rage par des moyens chimiques ou physiques à l’endroit infecté peut diminuer la charge virale dans la plaie. Il est donc important de traiter rapidement toutes les morsures et égratignures susceptibles d’être contaminées par le virus de la rage.
  • Administrer des immunoglobulines antirabiques le plus rapidement possible après la contamination.
  • Faire une vaccination post-exposition.

Vaccination contre la rage

Les personnes qui souhaitent se protéger préventivement et les personnes qui viennent d’être mordues par un animal à risque peuvent se faire vacciner contre la rage. Il existe donc deux types de schémas de vaccination contre la rage :

  • La vaccination préventive
  • La vaccination après une morsure

La vaccination préventive

La vaccination préventive ne procure pas de protection complète contre la rage, mais permet, en cas d’exposition au virus, de déclencher une réponse immunitaire rapide en anticorps après 2 nouvelles injections. La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement post-exposition qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée. Cette vaccination simplifie toutefois le traitement post-exposition et dispense du recours aux immunoglobulines antirabiques, pas toujours disponibles dans les pays émergeants.

La vaccination préventive est recommandée pour :

  • Les personnes qui séjournent pour une longue période dans les régions où la maladie est endémique
  • Les personnes qui voyagent souvent dans des zones endémiques
  • Les enfants qui partent habiter dans des zones endémiques avec leurs parents
  • Les personnes qui entreprennent un long voyage à vélo ou qui pratiquent le jogging dans des zones endémiques
  • Les voyageurs qui effectuent un séjour prolongé ou aventureux dans des régions où la maladie est endémique ou se mettent en situation d’isolement dans des zones à haut risque
  • Les militaires qui partent en mission dans des zones endémiques
  • Les laborantins ou les experts qui entrent en contact avec le virus pour des raisons professionnelles, lors d’activités en laboratoire par exemple
  • Les personnes qui, par leur métier ou activités au contact de la nature et des animaux, sont particulièrement exposées au risque d’infection par le virus de la rage. Par exemple : les vétérinaires, agents forestiers, gardes-chasse, archéologues, spéléologues…

La vaccination après une morsure

La vaccination après une morsure s’effectue dans des circonstances bien précises, à savoir :

  • En cas de morsure ou de griffure par un animal infecté
  • En cas de contact entre l’animal et une plaie de la peau ou des muqueuses

La décision de vacciner après une exposition potentielle au virus de la rage dépend également de plusieurs facteurs :

  • Du pays où la blessure est intervenue
  • Du pays d’où provient l’animal impliqué
  • Du type d’animal : une chauve-souris, par exemple, sera considérée comme un risque élevé
  • Du type de plaie
  • Des antécédents médicaux de la personne

Après une potentielle exposition au virus de la rage, il convient de s’adresser dans les meilleurs délais à son médecin traitant. Dès la suspicion de la rage, le médecin prendra contact avec les inspecteurs des maladies infectieuses de la région dans laquelle le patient réside. Ceux-ci analyseront la situation et prendront alors contact avec l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) afin de faciliter la disponibilité des immunoglobulines et de déterminer le schéma de vaccination post-exposition. L’IMT est le centre d’expertise national belge pour la rage. Des experts y assurent une permanence téléphonique.

Il est fortement conseillé de procéder à la vaccination dans les 24 heures après une morsure suspecte.

Comment est administré le vaccin ?

Le vaccin contre la rage est un vaccin injectable.

Vaccination préventive

La vaccination préventive contre la rage consiste en l’administration par voie intramusculaire de 3 doses de vaccin sur une période de 3 à 4 semaines (aux jours 0, 7, 21 ou 28). Le vaccin est administré de préférence au niveau du bras, dans le muscle deltoïde.

Vaccination après morsure

Il est fortement conseillé de procéder à la vaccination dans les 24 heures après une morsure suspecte, surtout si une vaccination préventive n’a pas été réalisée.

Chez une personne n’ayant jamais été vaccinée auparavant, cela consiste en l’injection de 4 ou 5 doses de vaccin selon les cas. La réponse immunitaire de la personne est vérifiée par le médecin en faisant une prise de sang. Les doses de vaccin sont administrées sur une période de 1 à 4 semaines.

Chez une personne ayant déjà reçu une vaccination préventive complète ou présentant des anticorps, la vaccination consiste en l’administration d’une dose de vaccin. Deux doses sont nécessaires s’il n’y a pas eu de contrôle d’anticorps. La deuxième dose est alors administrée 3 jours après la première.

Vaccins disponibles

Un vaccin contre la rage est disponible en Belgique :

Pour connaître l’ensemble des contre-indications, référez-vous à la notice des vaccins, disponible sur le site de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afmps).

Il n’existe pas de contre-indication spécifique à l’administration du vaccin contre la rage.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant, votre pédiatre ou votre pharmacien.

Pour connaître les effets indésirables, référez-vous à la notice des vaccins, disponible sur le site de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afpms).

Effets indésirables courants communs à tous les vaccins injectables

Le vaccin contre la rage est généralement bien toléré.

On observe parfois des réactions locales à l’endroit de l’injection du vaccin. Il peut s’agir de douleurs, de rougeurs ou d’un durcissement de la peau.

Beaucoup plus rarement, on relève des réactions générales comme de la fièvre et un affaiblissement durant 24 heures.

Des réactions allergiques ont aussi été décrites : le vaccin contient des traces de néomycine.

En cas d’inquiétude après une vaccination, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.